Parcours

La terre est battue, étirée, pincée entre les doigts, elle se fend, se déchire.

Elle est modelée, sa surface incisée, gravée de manière superficielle ou plus en profondeur comme une scarification. Une étoffe est estampée, un oxyde révèle les empreintes laissées par le passage répété d’un sceau, un émail à la cendre est essuyé, plus ou moins effacé, un engobe est déposé en minuscules gouttes pour imiter un plumetis. Une porcelaine est liée à un grès par des centaines d’entailles.
L’argile est façonnée avec rapidité pour obtenir une vision synthétique et spontanée, pour inscrire une émotion dans la terre. Un travail réalisé sans armature qui invite à trouver immédiatement l’équilibre d’une pièce.
C’est le commencement d’une sculpture.

D’abord nu, aujourd’hui le corps est vêtu, paré, il est devenu le support d’un métissage de matières et de couleurs, un lieu d’expérimentations et de recherches. Le costume est porté comme une protection, il enveloppe le corps de sa chaleur, permet de cacher ou de révéler des parties de soi.
Les Nomades viennent d’univers éloignés qui se rencontrent et se mélangent, ils affirment leur individualité en même temps que leur appartenance à un clan. Les Silhouettes font suite aux Nomades, ces nouveaux personnages n’avancent pas vers nous mais se présentent de profil, un jeu avec la lumière qui découpe leur contour et projète leur ombre, des corps de fées, de princesses, de reines aux allures sauvages, de simples femmes ou de mères.

Chaque sculpture est livrée dans sa version définitive, elle est le prolongement de la précédente, un lien existe entre chaque pièce : l’atmosphère dans laquelle les personnages interrogatifs, mystérieux parfois inquiets sont mis en scène et se répondent comme dans une danse.

Un travail qui prend d’autres directions avec le thème de l’arbre, qui par la suite donne naissance à des recherches sur la montagne avec comme premières pièces d’une série à venir « l’arbre de Paolo » et « la famille ». Les fauteuils sont maintenant nombreux, enlacés par des personnages, accueillant des enfants ou envahis par de drôles de bêtes.

Un univers intime comme sorti d’un conte sans âge et sans époque où se mêlent douceur et mélancolie.

L’imaginaire se confie à la matière.